GRENOUILLE DE BÉNITIER
Anne PAGÈS-COUSINIÉ
Juin 2026
Anne PAGÈS-COUSINIÉ
Juin 2026
Dans la famille Dulac, on demande souvent le Marquis. Mais pour nous, généalogistes, c’est parfois dans l’ombre de l’aîné que se cachent les parcours les plus fascinants. Aujourd'hui, j'ai décidé de sortir de l'oubli Emmanuel Jean Joseph Marie Dulac (1760-1821).
Si ses ancêtres se battaient pour la religion, lui a choisi le fracas des sabres et le galop des charges de cavalerie. Portrait d’un homme dont la vie fut aussi rythmée qu’une charge de Dragons.
Né vers 1760, Emmanuel est le fils du Marquis Joseph François Dulac. En tant que cadet, il ne peut prétendre à l’héritage principal du titre et des terres de Montlédier. Son destin est ailleurs : dans les ordres ou dans l'armée.
Il choisira les deux.
D’un côté, il devient Chevalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (plus connu sous le nom d'Ordre de Malte). Pour un généalogiste, c’est le signe d’une noblesse prouvée sur plusieurs générations. De l’autre, il embrasse la carrière des armes. Et pas n’importe laquelle : il devient
Chef d’escadron au corps royal des Dragons.
Être officier de cavalerie entre 1780 et 1815, c’est avoir une espérance de vie parfois... limitée. Emmanuel a traversé les époques, de la fin de l’Ancien Régime à la Restauration, en passant sans doute par les guerres napoléoniennes.
Imaginez ce cavalier, portant l’uniforme prestigieux des Dragons avec leur casque à crinière, habitué au bruit du canon, finir ses jours dans le calme presque religieux des gorges de l’Arn. Sa décoration de la Légion d’Honneur ne laisse aucun doute : l'homme n'a pas fait que de la parade, il a servi avec distinction.
Grâce aux archives de Pont-de-L'arn, j'ai pu reconstituer ses derniers instants. Le 16 novembre 1821, à 4 heures du soir, le silence tombe dans sa chambre du château de Montlédier. À 61 ans, le vieux soldat rend son dernier souffle.
L'identité des déclarants :
Jacques Icher et Pierre Carayol. Deux brassiers (ouvriers agricoles) qui travaillaient sur le domaine.
Pour vous, lecteurs, l'histoire d'Emmanuel est une leçon de recherche :
Ne négligez jamais les collatéraux : Le frère du marquis a souvent une vie plus "romanesque" que l'héritier resté sur ses terres.
Cherchez les titres : "Chef d'escadron", "Chevalier de Malte"... ce sont des clés qui ouvrent les portes des archives militaires (le SHD à Vincennes) ou des fonds de la noblesse.
Le célibat généalogique : En tant que Chevalier de Malte, Emmanuel n'a probablement pas eu de descendance légitime. C'est une branche qui s'éteint, mais une histoire qui s'allume.
Si vous passez par le Tarn, près de Pont-de-l’Arn, vous ne pouvez pas rater la silhouette austère du château de Montlédier. Plantée au bord des gorges de l’Arn, cette forteresse n'est pas vraiment là pour rigoler : tours massives, ouvertures minimalistes et crénelages fiers. Bref, une architecture qui murmure gentiment : « Passez votre chemin ou sortez les boucliers ».
Pourtant, derrière ces murs de pierre, c’est une véritable saga familiale et religieuse qui s’est jouée pendant dix siècles. On part en exploration !
Dès le XIᵉ siècle, la famille de Villette (ou de la Villette pour les intimes) prend racine sur ce piton rocheux. Pendant des siècles, ils règnent sur la région. Mais au XVIᵉ siècle, l’ambiance se tend. Les Villette choisissent le camp de la Réforme.
Être protestant à l'époque, c’est aussi savoir recevoir : en 1562, ils "invitent" Claude d’Oraison, l’évêque de Castres, à séjourner au château. Seul détail : il était prisonnier. Une façon comme une autre de discuter théologie.
En 1692, Elisabeth de Villette épouse Jean Melchior Dulac. Ce mariage marque la fin de l'ère protestante pour Montlédier. Les Dulac sont catholiques et tiennent à le montrer. En 1757 est consacrée la chapelle que le marquis Dulac a fait bâtir : une manière de remettre les points sur les « i » (et la croix sur le clocher).
Le marquis ne se contente pas de prier, il s'implique dans la vie locale et devient maire de Pont-de-l’Arn en 1819. On peut dire qu'à l'époque, la mairie avait un sacré cachet !
Après que le dernier marquis Dulac, totalement ruiné, a vendu le château en 1874 à l’industriel Ferdinand Cormouls-Houlès, le destin de Montlédier prend un virage inattendu en 1962.
Transformé en hôtel de charme par Francis Sidobre, le vieux donjon voit passer des célébrités mondiales. Serge Lama, Jean Marais et même Dalida ont foulé les dalles de ce lieu où, quelques siècles plus tôt, on emprisonnait des évêques. On espère qu'ils avaient un meilleur service de chambre que ce pauvre Claude d'Oraison !
Après quelques années de sommeil dans les années 2010, Montlédier attend son prochain chapitre. Des projets de rénovation sont dans l'air pour redonner vie à ce géant du Tarn.
XIe siècle : Apparition des seigneurs d’Hautpoul dans la Montagne Noire (près de Mazamet).
XIIe–XIIIe siècles : Participation des chevaliers d’Hautpoul aux Croisades.
XVe siècle :
Jean d’Hautpoul épouse Jeanne de Voisins, famille seigneuriale de Rennes-le-Château.
👉 C’est cette alliance qui relie les Hautpoul aux terres de Rennes.
XVIe siècle : Les Hautpoul se divisent en plusieurs branches, mais restent puissants dans le Languedoc.
François d’Hautpoul (†1700) devient seigneur de Rennes-le-Château.
Marié à Blanche de Marquefave (famille noble alliée aux Blanchefort).
Marie de Nègre d’Ables (1654-1781), mariée à François d’Hautpoul de Blanchefort, est connue comme la “marquise d’Hautpoul”.
Elle est enterrée dans l’église de Rennes-le-Château.
Son nom est lié aux mystères ésotériques du lieu, remis en avant plus tard avec l’affaire Saunière.
Georges d’Hautpoul (1787-1865) : Général de cavalerie, baron de l’Empire, puis pair de France sous la monarchie de Juillet.
👉 Représente la continuité de la famille dans les milieux militaires et politiques.
La famille subsiste encore dans certaines branches, mais elle est surtout connue aujourd’hui pour :
Son rôle dans l’histoire de Rennes-le-Château.
Ses alliances avec de grandes familles méridionales (Voisins, Blanchefort, Marquefave, Nègre d’Ables).
Sir John Harrington (souvent écrit “Arrington” par erreur) est surtout connu pour avoir inventé une des premières versions de la chasse d’eau moderne .
Avant lui, les toilettes étaient très rudimentaires (pots de chambre, latrines). Son invention a posé les bases des toilettes modernes, même si elles ne se sont généralisées que bien plus tard.
En résumé :
Sir John Harrington est considéré comme un pionnier des toilettes à chasse d’eau.
MatchID ???
MatchID : un outil numérique au service de la généalogie et de l’histoire familiale
À l’ère du numérique, la généalogie est devenue beaucoup plus accessible grâce à des outils comme MatchID. Cette plateforme permet de rechercher rapidement des informations dans les archives publiques, notamment sur les personnes décédées, sans passer des heures à consulter des registres.
Son utilisation est simple et intuitive. Pour commencer, il suffit de se rendre sur le site MatchID. Ensuite, l’utilisateur peut entrer les informations dont il dispose :
Pour affiner la recherche, il est conseillé de tester plusieurs combinaisons : par exemple, essayer avec ou sans prénom composé, varier l’orthographe d’un nom ou ajouter une commune. Cela permet d’éviter de passer à côté d’un résultat pertinent. Une fois une fiche trouvée, les informations obtenues (dates de naissance, de décès, lieu de résidence) peuvent servir de point de départ pour poursuivre les recherches dans les archives départementales ou les registres d’état civil.
MatchID s’appuie sur des sources fiables comme celles de l’INSEE, ce qui garantit une bonne qualité des données. Toutefois, l’outil présente certaines limites : il ne couvre pas toujours les périodes anciennes et les informations doivent être vérifiées et complétées par d’autres sources.
Malgré cela, MatchID reste un outil précieux pour débuter ou accélérer une recherche généalogique. Il facilite l’accès à des données autrefois difficiles à consulter et permet à chacun de retracer plus facilement l’histoire de sa famille depuis son ordinateur.
Monique Biau