dimanche 4 octobre 2026

L'histoire est au coin de la rue....

                        

Nous passons devant eux sans les voir. Ils sont là depuis des décennies, parfois depuis plusieurs siècles, silencieux témoins de la vie quotidienne d'autrefois. Pourtant, ces modestes pierres ont beaucoup à nous raconter.

Au détour d'une rue, à l'angle d'une maison, une grosse pierre usée attire le regard. À première vue, elle semble n'être qu'un bloc de granit enchâssé dans un mur. Mais en réalité, il s'agit d'un chasse-roue, parfois appelé borne d'angle.

Avant l'arrivée des automobiles, les rues étaient parcourues par des charrettes, des tombereaux, des diligences et toutes sortes de véhicules à traction animale. Dans les ruelles étroites les roues pouvaient facilement heurter les angles des maisons et détériorer les maçonneries.

Pour protéger les bâtiments, on installait alors ces solides blocs de pierre aux endroits les plus exposés. Lorsqu'une roue frôlait un mur, elle venait buter contre le chasse-roue qui absorbait le choc et préservait la construction.

Aujourd'hui encore, les marques du temps sont visibles. La pierre est polie par les intempéries, parfois éraflée par des générations de passages. Elle raconte à sa manière l'intense activité qui animait autrefois les rues.

Pour les amateurs de patrimoine et les généalogistes, ces objets du quotidien sont précieux. Ils nous rappellent que l'histoire ne se trouve pas seulement dans les archives ou les registres. Elle est aussi présente dans notre environnement immédiat, dans ces petits détails que l'on ne remarque plus.

Ces chasse-roues furent particulièrement utilisés du XVIIe siècle au début du XXe siècle. À une époque où les rues étaient parcourues par des charrettes, des tombereaux, des diligences et d'autres véhicules tirés par des chevaux, ils protégeaient les angles des bâtiments contre les chocs répétés des roues et des essieux. Beaucoup de ceux que nous observons encore aujourd'hui ont été installés aux XVIIIe et XIXe siècles, témoignant d'une vie urbaine et rurale très différente de la nôtre.

L'histoire n'est pas toujours cachée dans les vieux documents.

Parfois, elle est simplement au coin de la rue de la Vitarelle à Mazamet ! 

Ce n'est ni un monument prestigieux ni un objet exposé dans un musée, mais un vestige du quotidien de nos ancêtres, que l'on croise sans y prêter attention. Pour une généalogiste, c'est presque émouvant de penser que des générations d'habitants, dont certains de nos ancêtres, sont passés devant cette même pierre pendant plus de deux siècles.

Monique Biau

lundi 28 septembre 2026

TSA : tables de successions et absences


Plonger dans l’histoire familiale grâce aux déclarations de succession

Longtemps réservées à l’administration fiscale, les déclarations de succession et les tables de décès sont aujourd’hui devenues des ressources précieuses pour les passionnés de généalogie. Ces documents permettent non seulement de confirmer des dates clés, mais aussi de reconstituer une partie du patrimoine et de la vie de nos ancêtres.

Instaurées à la fin du XVIIIe siècle, les déclarations de succession répondent à un double objectif : authentifier les décès et permettre la perception d’un impôt. Elles sont établies à la suite d’une déclaration effectuée par les mairies, les hôpitaux ou directement par les héritiers, généralement dans un délai minimum de six mois après le décès.

Mais leur intérêt dépasse largement le cadre administratif. Les tables de successions et absences, qui recensent les décès sur une période donnée dans un territoire précis, offrent une mine d’informations. Classées selon un ordre à la fois alphabétique et chronologique, elles permettent de retrouver facilement la trace d’un individu.

Ces registres peuvent révéler des éléments essentiels : identité complète, profession, date et lieu du décès, âge du défunt, mais aussi la nature et la valeur de ses biens. Ils mentionnent également les héritiers, leur lieu de résidence et leurs liens de parenté. En cas de testament, la date de son enregistrement est aussi indiquée.

Pour exploiter ces documents, quelques étapes sont nécessaires. Il faut d’abord identifier le bureau d’enregistrement compétent, généralement en fonction du lieu de décès, et situer approximativement la période recherchée. Les archives départementales constituent ensuite un passage obligé, que ce soit en ligne — lorsque les documents sont numérisés — ou directement sur place. Une fois le bon registre trouvé, la recherche s’effectue dans les tables alphabétiques, avant de croiser les informations recueillies.

Il convient toutefois de noter certaines évolutions historiques. Jusqu’en 1824, ce sont les tables des décès et absences constatées qui font référence. À partir de 1825, les tables de successions et absences prennent le relais, indiquant notamment les numéros de déclarations. Depuis 1866, une table unique regroupe ces informations et renvoie aux registres de mutations par décès.

Malgré leur richesse, ces archives ne sont pas toutes accessibles en ligne. Les chercheurs doivent donc parfois se déplacer pour consulter ces documents, véritables témoins du passé. Un effort souvent récompensé par la découverte de détails inattendus sur la vie et l’héritage de leurs ancêtres.

Monique Biau

mardi 15 septembre 2026

Rencontré au Jardin Royal à Toulouse

                                         

Le Petit Prince a plus de 80 ans !

Le Petit Prince d’Antoine de Saint‑Exupéry a eu 80 ans. Et pourtant, il reste un enfant. C’est peut‑être pour ça qu’on l’aime autant.

Le livre est paru en 1943, en pleine guerre. Saint‑Exupéry vivait alors aux États‑Unis. Il a écrit cette histoire comme un conte pour adultes et enfants, avec ses propres dessins.

Aujourd’hui, c’est l’un des livres les plus traduits au monde. On le lit partout, à tout âge.

Le Petit Prince voyage de planète en planète. Il rencontre un roi, un vaniteux, un buveur, un businessman… Tous représentent des travers très humains.

Mais ce qu’on retient surtout, ce sont ses deux amis :

  • la rose, fragile mais unique

  • le renard, qui lui apprend que « on ne voit bien qu’avec le cœur »

Ces phrases simples touchent encore des millions de lecteurs.

Saint‑Exupéry, l’aviateur rêveur

Saint‑Exupéry était pilote. Il aimait les nuages, les voyages, les rencontres. Le Petit Prince lui ressemble : un enfant curieux, sensible, qui regarde le monde autrement.

Même 80 ans plus tard, le livre reste moderne. Il parle de choses qui ne vieillissent pas :

  • l’amitié

  • l’amour

  • la responsabilité

  • la beauté des petites choses

  • la difficulté d’être adulte

Chacun y trouve un message différent selon son âge.

Conclusion

Le Petit Prince a 80 ans, mais il garde un cœur d’enfant.

Monique Biau


samedi 29 août 2026

Les dessous de Mazamet

 


 Vestiges métalliques dans les rues de Mazamet : quand le passé industriel refait surface

En me promenant mercredi dans Mazamet, (angle Rue de Verdun/Cours René Reille) je suis tombée sur ces objets insolites : pièces métalliques massives, vannes rouillées, éléments de tuyauterie abandonnés sur un trottoir. À première vue, on pourrait croire à de simples déchets industriels. En réalité, ces objets racontent une histoire beaucoup plus profonde, intimement liée à l’identité de la ville.

Pendant plus d’un siècle et demi, Mazamet a été l’un des plus grands centres mondiaux du délainage et de la mégisserie.
La vallée de l’Arnette était une véritable « rue industrielle » : en 1873, on y comptait 150 usines spécialisées dans la laine et la peau de mouton, dont 59 dédiées au délainage et 43 à la mégisserie .

Pour faire fonctionner ces ateliers, il fallait :

  • de l’eau en grande quantité,

  • des réseaux de canalisations complexes,

  • des vannes, robinets industriels, conduites sous pression,

  • des installations hydrauliques pour alimenter les machines.

Les pièces photographiées sont donc très probablement des éléments anciens de ces réseaux : vannes de régulation, raccords de conduites, pièces de fonte utilisées pour l’acheminement de l’eau ou de la vapeur.

Pourquoi les retrouve‑t‑on aujourd’hui dans la rue ?

Travaux de rénovation des réseaux urbains

Mazamet modernise régulièrement ses canalisations. Lorsqu’on remplace une ancienne conduite, les pièces retirées sont parfois déposées temporairement sur le trottoir avant d’être évacuées.

Ces photos : 

Des vannes de fonte fortement corrodées

La forme, le poids, les inscriptions moulées (« MRO », « 200 ») indiquent des pièces standardisées, probablement fabriquées pour des réseaux hydrauliques.
La corrosion avancée montre qu’elles ont été exposées longtemps à l’humidité — typique des installations proches de l’Arnette ou des anciennes usines.

Des objets qui racontent une histoire

Ces pièces ne sont pas de simples déchets : ce sont des fragments de l’ère industrielle mazamétaine, celle qui a fait la renommée mondiale de la ville dans le travail de la laine et de la peau.

Conclusion : 

Ces photos capturent quelque chose de précieux : Mazamet continue de révéler son passé, même au détour d’un trottoir.

Ces objets métalliques rouillés sont les témoins d’une époque où la ville vibrait au rythme des machines, des ateliers et des ouvriers.

Ils rappellent que l’histoire industrielle n’est pas seulement dans les archives ou les musées : elle est encore là, sous nos pieds.


Monique Biau







jeudi 20 août 2026

on vit vieux dans le Tarn...

 

La Maison Fenasse d’Albi : un joyau roman civil du XIIᵉ siècle

La Maison Fenasse, aussi appelée Maison romane ou Hôtel de Fenasse, est l’un des deux plus vieux édifices romans civils du Tarn, avec le pavillon d’Adélaïde (ou d’Azalaïs) à Burlats. Construite dans la seconde moitié du XIIᵉ siècle, elle occupe un emplacement stratégique au cœur du vieux quartier commerçant d’Albi, à l’angle de la rue des Foissants et de la rue Saint‑Étienne.La maison mêle pierre calcaire, grès sculpté et brique, témoignant de plusieurs phases de construction et de remaniements entre le XIIᵉ et le XVe siècle.

On y observe :

  • des arcs romans en plein cintre,

  • des chapiteaux sculptés (têtes grimaçantes, rinceaux),

  • une baie romane à l’étage, vestige d’une série de fenêtres qui éclairaient la grande salle d’habitation,

  • une tourelle gothique hexagonale du XVe siècle, visible depuis la place du marché couvert.

La façade sur la rue Saint‑Étienne présente deux grandes arcades (l’une en pierre, l’autre en brique), autrefois ouvertes sur des boutiques médiévales. Le rez‑de‑chaussée était donc un espace commercial, tandis que les étages servaient de logis bourgeois.
Cette organisation reflète la puissance économique des propriétaires et l’importance de cette rue, qui menait au Pont‑Vieux, axe majeur d’entrée dans la cité.

La demeure appartenait à la famille Fenasse, riches marchands et financiers albigeois.

Vers 1250–1300, Guillaume Fenasse est décrit comme le plus riche usurier d’Albi, dominant largement les opérations de crédit de la ville.

Au début du XIVᵉ siècle, les Fenasse sont condamnés pour hérésie (catharisme).

Leur maison est confisquée par l’Inquisition et attribuée à Béraud de Fargues, frère de l’évêque d’Albi et neveu du pape Clément V. (pas de commentaire....)

Après la confiscation, la Maison Fenasse devient successivement :

  • la demeure seigneuriale des vicomtes d’Albi,

  • la résidence du sénéchal de Toulouse, Pierre‑Raimond de Rabastens,

  • puis, en 1791, la propriété d’un négociant albigeois, Étienne Lacombe.

Une tour d’escalier en brique, hexagonale, est ajoutée dans la cour au XVe siècle.

De nouvelles ouvertures sont percées sur les façades, mêlant désormais éléments romans et gothiques.

Les documents du XVIIIᵉ siècle décrivent :

  • une cave,

  • trois étages côté rue,

  • deux étages côté rivière,

  • un puits, une écurie, un magasin, une terrasse.

Les façades et toitures de la Maison Fenasse sont inscrites aux Monuments historiques depuis le 9 juin 1971

Aujourd’hui, l’édifice est privé. Le rez‑de‑chaussée accueille :

  • un coffee shop,

  • une friperie, perpétuant ainsi sa vocation commerciale vieille de huit siècles.

C’est l’un des rares bâtiments romans civils conservés en Occitanie

Monique Biau

dimanche 2 août 2026

Le géant de Mazamet

 


Docteur Lucien Mias : le géant de Mazamet

Le Docteur Lucien Mias reste l’une des figures les plus marquantes de Mazamet. Médecin respecté, capitaine du XV de France, penseur du rugby moderne, il a laissé une empreinte profonde dans la ville et bien au‑delà.

Des débuts modestes à une destinée exceptionnelle

Né en 1930 en Lozère, instituteur avant d’être médecin, Lucien Mias rejoint Mazamet dans les années 1950. C’est là qu’il deviendra un joueur emblématique du Sporting Club Mazamétain.

Le rugbyman surnommé “Docteur Pack”

Deuxième ligne puissant et stratège, Mias révolutionne le jeu d’avant. Quelques repères :

  • 29 sélections en équipe de France

  • Pilier du Sporting Club Mazamétain, il dispute la finale du Championnat de France 1958 contre Lourdes, une équipe alors quasi imbattable.

    Mazamet s’incline 25–8, mais cette finale reste l’un des plus grands exploits du club.

  • Vainqueur du Tournoi des Cinq Nations : 1954, 1955, 1959

  • Capitaine de la tournée historique de 1958 en Afrique du Sud : Ce n'est pas un titre, mais c'est un exploit : la France bat les Springboks chez eux pour la première fois !

  • Considéré comme l’un des meilleurs avants de son époque

  • Contributeur majeur au fameux demi‑tour‑contact

Son surnom, « Docteur Pack », résume son intelligence de jeu et son sens de l’analyse.

Le médecin humaniste

Après sa carrière sportive, il devient médecin généraliste puis gériatre, apprécié pour sa bienveillance et son écoute. Il dirige un service hospitalier et soigne des générations de Mazamétains, toujours avec la même exigence et la même humanité.

==> le stade porte désormais son nom : Stade Lucien Mias

Un homme profondément respecté

Lucien Mias laisse l’image d’un homme simple, généreux, passionné, qui a su marier deux vocations : soigner et transmettre.

Un joueur immense, même sans Bouclier de Brennus.

Monique Biau

samedi 18 juillet 2026

 


Pourquoi écrire votre livre de recherches généalogiques ?

Un conseil simple, mais essentiel : mettez vos recherches généalogiques sur papier.

Un vrai livre. Un ouvrage qui traversera le temps et que vos arrière‑arrière‑petits‑enfants pourront retrouver un jour… au fond d’un grenier.

Le numérique : pratique… mais fragile

Sur l’ordinateur, tout semble facile. Jusqu’au jour où un fichier refuse de s’ouvrir:

« Impossible d’ouvrir ce fichier : Windows 132 ne reconnaît pas ce système. »

Et encore… Un serveur qui se plante, un disque dur qui lâche, un clic malheureux d’un informaticien, et paff, votre dossier disparaît.

Vos photos de téléphone : un exemple qui parle

Regardez vos photos de smartphone.
Vos petits-enfants les feuillettent-ils ?
Vos souvenirs de voyage, vos moments précieux… dans dix ans, qui les retrouvera dans un dossier perdu au fond du cloud ?

Un livre posé sur une cheminée, lui, se feuillette. Il se transmet. Il ne demande ni mot de passe, ni mise à jour.

Les écrits qui ont traversé les siècles

Posez-vous la question :

  • Les écrits de la Mer Morte, vieux de plus de 2 000 ans, auraient-ils survécu en PDF ?

  • La première Bible de Gutenberg, dans quel fichier serait-elle aujourd’hui égarée ?

Ce qui nous parvient, ce sont des pages, des manuscrits, des livres. Pas des fichiers.

Votre histoire mérite mieux qu’un dossier informatique

Vous passez des heures à reconstituer votre histoire familiale. Vous fouillez les archives, déchiffrez des actes, remontez des lignées oubliées.

Ne laissez pas ce travail dépendre d’un format numérique éphémère.

Vivre avec son temps, oui. Effacer l’histoire, jamais.

Écrivez votre livre

Pour vous. Pour eux. Pour ceux qui ouvriront un jour votre grenier et y découvriront votre mémoire.


Monique Biau