jeudi 20 août 2026

on vit vieux dans le Tarn...

 

La Maison Fenasse d’Albi : un joyau roman civil du XIIᵉ siècle

La Maison Fenasse, aussi appelée Maison romane ou Hôtel de Fenasse, est l’un des deux plus vieux édifices romans civils du Tarn, avec le pavillon d’Adélaïde (ou d’Azalaïs) à Burlats. Construite dans la seconde moitié du XIIᵉ siècle, elle occupe un emplacement stratégique au cœur du vieux quartier commerçant d’Albi, à l’angle de la rue des Foissants et de la rue Saint‑Étienne.La maison mêle pierre calcaire, grès sculpté et brique, témoignant de plusieurs phases de construction et de remaniements entre le XIIᵉ et le XVe siècle.

On y observe :

  • des arcs romans en plein cintre,

  • des chapiteaux sculptés (têtes grimaçantes, rinceaux),

  • une baie romane à l’étage, vestige d’une série de fenêtres qui éclairaient la grande salle d’habitation,

  • une tourelle gothique hexagonale du XVe siècle, visible depuis la place du marché couvert.

La façade sur la rue Saint‑Étienne présente deux grandes arcades (l’une en pierre, l’autre en brique), autrefois ouvertes sur des boutiques médiévales. Le rez‑de‑chaussée était donc un espace commercial, tandis que les étages servaient de logis bourgeois.
Cette organisation reflète la puissance économique des propriétaires et l’importance de cette rue, qui menait au Pont‑Vieux, axe majeur d’entrée dans la cité.

La demeure appartenait à la famille Fenasse, riches marchands et financiers albigeois.

Vers 1250–1300, Guillaume Fenasse est décrit comme le plus riche usurier d’Albi, dominant largement les opérations de crédit de la ville.

Au début du XIVᵉ siècle, les Fenasse sont condamnés pour hérésie (catharisme).

Leur maison est confisquée par l’Inquisition et attribuée à Béraud de Fargues, frère de l’évêque d’Albi et neveu du pape Clément V. (pas de commentaire....)

Après la confiscation, la Maison Fenasse devient successivement :

  • la demeure seigneuriale des vicomtes d’Albi,

  • la résidence du sénéchal de Toulouse, Pierre‑Raimond de Rabastens,

  • puis, en 1791, la propriété d’un négociant albigeois, Étienne Lacombe.

Une tour d’escalier en brique, hexagonale, est ajoutée dans la cour au XVe siècle.

De nouvelles ouvertures sont percées sur les façades, mêlant désormais éléments romans et gothiques.

Les documents du XVIIIᵉ siècle décrivent :

  • une cave,

  • trois étages côté rue,

  • deux étages côté rivière,

  • un puits, une écurie, un magasin, une terrasse.

Les façades et toitures de la Maison Fenasse sont inscrites aux Monuments historiques depuis le 9 juin 1971

Aujourd’hui, l’édifice est privé. Le rez‑de‑chaussée accueille :

  • un coffee shop,

  • une friperie, perpétuant ainsi sa vocation commerciale vieille de huit siècles.

C’est l’un des rares bâtiments romans civils conservés en Occitanie

dimanche 2 août 2026

Le géant de Mazamet

 


Docteur Lucien Mias : le géant de Mazamet

Le Docteur Lucien Mias reste l’une des figures les plus marquantes de Mazamet. Médecin respecté, capitaine du XV de France, penseur du rugby moderne, il a laissé une empreinte profonde dans la ville et bien au‑delà.

Des débuts modestes à une destinée exceptionnelle

Né en 1930 en Lozère, instituteur avant d’être médecin, Lucien Mias rejoint Mazamet dans les années 1950. C’est là qu’il deviendra un joueur emblématique du Sporting Club Mazamétain.

Le rugbyman surnommé “Docteur Pack”

Deuxième ligne puissant et stratège, Mias révolutionne le jeu d’avant. Quelques repères :

  • 29 sélections en équipe de France

  • Pilier du Sporting Club Mazamétain, il dispute la finale du Championnat de France 1958 contre Lourdes, une équipe alors quasi imbattable.

    Mazamet s’incline 25–8, mais cette finale reste l’un des plus grands exploits du club.

  • Vainqueur du Tournoi des Cinq Nations : 1954, 1955, 1959

  • Capitaine de la tournée historique de 1958 en Afrique du Sud : Ce n'est pas un titre, mais c'est un exploit : la France bat les Springboks chez eux pour la première fois !

  • Considéré comme l’un des meilleurs avants de son époque

  • Contributeur majeur au fameux demi‑tour‑contact

Son surnom, « Docteur Pack », résume son intelligence de jeu et son sens de l’analyse.

Le médecin humaniste

Après sa carrière sportive, il devient médecin généraliste puis gériatre, apprécié pour sa bienveillance et son écoute. Il dirige un service hospitalier et soigne des générations de Mazamétains, toujours avec la même exigence et la même humanité.

==> le stade porte désormais son nom : Stade Lucien Mias

Un homme profondément respecté

Lucien Mias laisse l’image d’un homme simple, généreux, passionné, qui a su marier deux vocations : soigner et transmettre.

Un joueur immense, même sans Bouclier de Brennus.

Monique Biau

samedi 18 juillet 2026

 


Pourquoi écrire votre livre de recherches généalogiques ?

Un conseil simple, mais essentiel : mettez vos recherches généalogiques sur papier.

Un vrai livre. Un ouvrage qui traversera le temps et que vos arrière‑arrière‑petits‑enfants pourront retrouver un jour… au fond d’un grenier.

Le numérique : pratique… mais fragile

Sur l’ordinateur, tout semble facile. Jusqu’au jour où un fichier refuse de s’ouvrir:

« Impossible d’ouvrir ce fichier : Windows 132 ne reconnaît pas ce système. »

Et encore… Un serveur qui se plante, un disque dur qui lâche, un clic malheureux d’un informaticien, et paff, votre dossier disparaît.

Vos photos de téléphone : un exemple qui parle

Regardez vos photos de smartphone.
Vos petits-enfants les feuillettent-ils ?
Vos souvenirs de voyage, vos moments précieux… dans dix ans, qui les retrouvera dans un dossier perdu au fond du cloud ?

Un livre posé sur une cheminée, lui, se feuillette. Il se transmet. Il ne demande ni mot de passe, ni mise à jour.

Les écrits qui ont traversé les siècles

Posez-vous la question :

  • Les écrits de la Mer Morte, vieux de plus de 2 000 ans, auraient-ils survécu en PDF ?

  • La première Bible de Gutenberg, dans quel fichier serait-elle aujourd’hui égarée ?

Ce qui nous parvient, ce sont des pages, des manuscrits, des livres. Pas des fichiers.

Votre histoire mérite mieux qu’un dossier informatique

Vous passez des heures à reconstituer votre histoire familiale. Vous fouillez les archives, déchiffrez des actes, remontez des lignées oubliées.

Ne laissez pas ce travail dépendre d’un format numérique éphémère.

Vivre avec son temps, oui. Effacer l’histoire, jamais.

Écrivez votre livre

Pour vous. Pour eux. Pour ceux qui ouvriront un jour votre grenier et y découvriront votre mémoire.


Monique Biau

samedi 4 juillet 2026

Juillet, le mois qui se prend pour César


Saviez-vous que juillet n’a pas toujours porté ce nom ? Autrefois, les Romains l’appelaient Quintilis, parce que c’était le cinquième mois de leur année (qui commençait en mars, oui, ils faisaient les choses à leur façon).

Mais en 44 avant J.-C., le Sénat romain a décidé de faire un petit coup de pub : hop, on rebaptise le mois en Iulius, en hommage à Jules César, né en juillet. Quand on réforme le calendrier, on mérite bien un mois à son nom !

Depuis, le mot a voyagé, s’est adouci, a pris un accent français et est devenu juillet. Alors, la prochaine fois que vous sortirez le barbecue ou les sandales, pensez à Jules : sans lui, on serait peut-être encore en train de dire « Bon Quintilis ! ».

Jules C.

mercredi 24 juin 2026

si ton ancêtre est un cathare....

 


Hautpoul, le village perché qui a défié les croisés

Les Cathares dans la montagne de Mazamet

Accroché à son éperon rocheux, Hautpoul domine Mazamet comme un veilleur immobile.

Aujourd’hui, c’est un village paisible, mais au début du XIIIᵉ siècle, il fut l’un des points chauds de la résistance cathare dans le Tarn.

Un village déjà ancien… et déjà rebelle

Hautpoul existe depuis l’Antiquité. Mais c’est au Moyen Âge qu’il devient un castrum fortifié, dirigé par la famille d’Hautpoul.
À cette époque, la région du Languedoc est un foyer important du catharisme, une spiritualité chrétienne différente de celle de Rome, prônant la simplicité, la pureté et le refus de la violence.

Le seigneur Izarn d’Hautpoul se montre favorable aux Cathares. Le village accueille des croyants, des parfaits, et devient un refuge pour ceux qui fuient les persécutions.

1212 : Simon de Montfort attaque

La situation bascule avec la croisade contre les Albigeois.

Après Béziers, Carcassonne et Minerve, les croisés veulent éliminer les derniers bastions jugés « hérétiques ».

En 1212, Simon de Montfort marche sur Hautpoul. Le siège est bref — quatre jours — mais violent. La citadelle tombe, les fortifications sont détruites, et le village perd son rôle stratégique.

De la montagne à la vallée : naissance de Mazamet

Après la destruction du castrum, les habitants quittent progressivement le rocher pour s’installer plus bas, dans la vallée de l’Arnette.
Ils fondent un petit hameau appelé Mas d’Arnette, qui deviendra Mazamet.

Là, loin des conflits, ils développent des activités artisanales :

  • travail de la laine,

  • tanneries,

  • moulins,

  • puis plus tard, la célèbre industrie du délainage.

Conclusion : Mazamet doit donc une partie de son existence… à la chute d’Hautpoul.



Monique Biau

mardi 16 juin 2026

Allons voir la Statue de la Liberté ... près d'ici !

                                                         

 La Statue de la Liberté… à Lugné (près de Cessenon) : quand New York découvre l’Hérault (ou presque)

Si vous pensiez que pour admirer la Statue de la Liberté il fallait traverser l'Atlantique, affronter les files d'attente new-yorkaises et survivre à un hot-dog hors de prix ... détrompez-vous ! 
À Lugné, petit village de l’Hérault, Lady Liberty a une petite sœur. Une version pocket, haute de 2 mètres, mais avec autant de panache que l’originale. Et surtout, une histoire tellement improbable qu’on dirait un scénario écrit après un apéro un peu trop généreux.

Une statue qui a vu du pays (et pas qu’un peu)

Avant de trôner fièrement sur la place de Lugné, notre mini‑Liberty a connu une vie mouvementée.

En 1987, pour célébrer le centenaire de la grande statue new-yorkaise, elle se retrouve… à la proue du paquebot “Maxim’s des mers”. Oui, oui : une statue de la Liberté en figure de proue, façon mascotte glamour.

Le héros local : Albert Abélanet

Heureusement, un homme veillait au grain : le capitaine Albert Abélanet, enfant du pays.
Touché par cette petite statue en goguette, il décide de la sauver d’un destin incertain et de la ramener à Lugné.
Un peu comme si un marin ramenait un chaton trouvé sur un quai… mais en version monument historique.

Un socle… très Orb-iginal

Pour accueillir dignement la demoiselle, on lui a construit un socle en pierre.
Mais pas n’importe quelle pierre : un morceau récupéré d’un pont de l’Orb.
Autrement dit, la statue repose sur un bout d’histoire locale, un peu comme si elle disait : « Je suis peut-être américaine, mais j’ai mes racines ici, merci. »

Une attraction locale qui mérite le détour

Alors oui, elle n’est pas aussi grande que sa sœur new-yorkaise.
Oui, elle ne domine pas une baie mythique.
Mais elle a quelque chose que l’autre n’a pas :
un charme irrésistible, une histoire rocambolesque et un accent du Sud qui flotte dans l’air.

Et surtout, elle rappelle que même dans les plus petits villages, on peut croiser des trésors inattendus…
Surtout quand un capitaine au grand cœur décide de jouer les sauveurs de monuments.

Monique Biau

jeudi 9 avril 2026

MatchID   ???


MatchID : un outil numérique au service de la généalogie et de l’histoire familiale

À l’ère du numérique, la généalogie est devenue beaucoup plus accessible grâce à des outils comme MatchID. Cette plateforme permet de rechercher rapidement des informations dans les archives publiques, notamment sur les personnes décédées, sans passer des heures à consulter des registres.

Son utilisation est simple et intuitive. Pour commencer, il suffit de se rendre sur le site MatchID. Ensuite, l’utilisateur peut entrer les informations dont il dispose : 

  • nom, 
  • prénom, 
  • date de naissance, 
  • de décès ou lieu. 

Plus les informations sont précises, plus les résultats seront pertinents. Une fois la recherche lancée, MatchID affiche une liste de personnes correspondant aux critères. Il est alors possible de parcourir les résultats, de comparer les données (dates, lieux, identité) et d’identifier la bonne personne.

Pour affiner la recherche, il est conseillé de tester plusieurs combinaisons : par exemple, essayer avec ou sans prénom composé, varier l’orthographe d’un nom ou ajouter une commune. Cela permet d’éviter de passer à côté d’un résultat pertinent. Une fois une fiche trouvée, les informations obtenues (dates de naissance, de décès, lieu de résidence) peuvent servir de point de départ pour poursuivre les recherches dans les archives départementales ou les registres d’état civil.

MatchID s’appuie sur des sources fiables comme celles de l’INSEE, ce qui garantit une bonne qualité des données. Toutefois, l’outil présente certaines limites : il ne couvre pas toujours les périodes anciennes et les informations doivent être vérifiées et complétées par d’autres sources.

Malgré cela, MatchID reste un outil précieux pour débuter ou accélérer une recherche généalogique. Il facilite l’accès à des données autrefois difficiles à consulter et permet à chacun de retracer plus facilement l’histoire de sa famille depuis son ordinateur.


Monique Biau