le calendrier républicain

Le calendrier républicain : Une tentative de réinventer le temps

Le calendrier républicain, également appelé calendrier révolutionnaire français, est un système de datation mis en place pendant la Révolution française. Utilisé de 1793 à 1805, il a été conçu pour rompre avec les traditions monarchiques et religieuses, en offrant une mesure du temps plus rationnelle et laïque. Ce calendrier reflète l'esprit des Lumières et l'aspiration à un monde nouveau, basé sur la raison et l'égalité.

Origine et mise en place

Le calendrier républicain est adopté par décret le 5 octobre 1793 (14 vendémiaire an II). Il prend effet rétroactivement à partir du 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République et équinoxe d’automne, symbolisant l’égalité et l’harmonie.

Le projet est principalement élaboré par le mathématicien et astronome Gilbert Romme, avec la contribution de scientifiques comme Charles-Gilbert La Métairie et des poètes comme Fabre d'Églantine, qui a donné leurs noms aux mois.

Structure du calendrier

Le calendrier républicain divise l'année en 12 mois de 30 jours, organisés en trois décades (semaines de 10 jours). Cette organisation visait à simplifier les calculs et à supprimer l'influence religieuse du cycle hebdomadaire de sept jours. Les cinq ou six jours restants (selon les années) sont ajoutés à la fin de l'année et nommés les jours complémentaires, célébrant les vertus républicaines comme le travail et les héros nationaux.


Voici les noms des mois, inspirés des cycles agricoles et des saisons :

  • Automne : Vendémiaire (mois des vendanges), Brumaire (mois des brumes), Frimaire (mois des frimas).
  • Hiver : Nivôse (mois des neiges), Pluviôse (mois des pluies), Ventôse (mois des vents).
  • Printemps : Germinal (mois de la germination), Floréal (mois des fleurs), Prairial (mois des prairies).
  • Été : Messidor (mois des moissons), Thermidor (mois de la chaleur), Fructidor (mois des fruits).

Chaque jour d’un mois reçoit également un nom en lien avec l’agriculture ou la nature (ex. : raisin, châtaigne, miel), remplaçant les saints du calendrier grégorien.

Les objectifs révolutionnaires

Le calendrier républicain visait à laïciser le temps et à rompre avec les influences religieuses. En supprimant les fêtes chrétiennes, il s'agissait de marquer une rupture symbolique avec l'Ancien Régime et l'Église. De plus, le système décimal, déjà adopté pour les mesures et la monnaie, s’étendait ainsi au temps, témoignant de l’obsession révolutionnaire pour la rationalité.

Difficultés et disparition

Malgré son idéal, le calendrier républicain s’est heurté à de nombreuses résistances. La semaine de 10 jours (décade) était impopulaire, car elle supprimait le dimanche, jour de repos et de culte pour une grande partie de la population. De plus, le calendrier restait complexe à utiliser dans un contexte international où le calendrier grégorien dominait.

Il fut officiellement abandonné le 1er janvier 1806 par Napoléon Bonaparte, qui rétablit le calendrier grégorien pour des raisons pratiques et politiques. Une brève tentative de réintroduction eut lieu sous la Commune de Paris en 1871, mais sans succès.

L’histoire du calendrier républicain est un exemple fascinant de la manière dont les sociétés tentent parfois de redéfinir leur rapport au temps pour refléter des changements idéologiques profonds.

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