L'auberge légendaire de Faumontagne : une halte incontournable des voyageurs de la montagne
Autrefois, perchée au-dessus de la ville de Saint-Amans Valtoret, une auberge faisait office de halte et de repos pour les paysans de la montagne. Ces derniers, deux fois par an, descendaient vers le "pays bas", c'est-à-dire du côté de Saint-Chinian ou de Cessenon, afin de s'approvisionner en vin. Ce voyage était long et pénible, et une pause bien méritée s'imposait avant d'entreprendre le retour vers les hauteurs.
Mais cette auberge était réputée pour bien plus que son rôle d'escale. Non pas pour la qualité de sa cuisine – qui était pour le moins rudimentaire – mais pour la présence de "gentilles" dames qui accueillaient ces voyageurs fatigués avec une hospitalité des plus chaleureuses. Loin d'être farouches, ces dames étaient connues pour apporter un certain réconfort à ces honnêtes travailleurs de la terre, ajoutant ainsi à la réputation de l'auberge un charme tout particulier.
La renommée de cet établissement était telle que des chansons furent composées à sa gloire, relatant avec humour et nostalgie les bons moments passés en ses murs.
La cançon de Fau Montanha (La chanson de Fau Montagne)
Faumontagne est une ville
un endroit très reculé
une fille y fut enlevée
par quelqu’un de chauve
l’autre jour je les vis venir
quand ils sortaient les brebis
là-haut au Roc de Michel
ils changeaient de chemise
en gardant le troupeau
et de toi jeune fille
belle comme le jour
tout le monde savait que tu faisais l’amour.
le dimanche avant
elle s’en allait au culte pour prier le bon Dieu
tout en faisant sa prière elle fermait les yeux
c’était bien ainsi ce qui se passait
quand ils changeaient la litière des brebis
ils portaient de la paille
tout juste pour se coucher
pendant ce temps la vieille préparait le goûter……
il prenait le permis
pour aller à la chasse
tuer le rouge-gorge
lui, il venait à Faumontagne
pour jouer au “lève-deux”
ils avaient fait périr
l’avoine de la Gimberte
là-haut au Gimberton (traduite du patois)
Si l'histoire ne retient pas toujours les détails les plus croustillants, la tradition orale, elle, se charge de perpétuer le souvenir de cette auberge mythique.
Et par une petite touche de pudeur – ou de malice – je ne révèlerai pas ici que cette fameuse auberge était tenue par nul autre que l'arrière-grand-père de l'auteur de ces lignes… Une discrétion qui, sans doute, ajoutera encore un peu de mystère à cette histoire aussi savoureuse que le vin que ces braves paysans allaient chercher si loin !
M.B.
Avec Monique, on en apprend tous les jours ! Cette histoire est bien croustillante! Rosemarie.
RépondreSupprimerAyant des ancêtres à Faumontagne, je vous remercie pour cet article.
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