mercredi 26 mars 2025

l'auberge de Faumontagne


L'auberge légendaire de Faumontagne : une halte incontournable des voyageurs de la montagne

Autrefois, perchée au-dessus de la ville de Saint-Amans Valtoret, une auberge faisait office de halte et de repos pour les paysans de la montagne. Ces derniers, deux fois par an, descendaient vers le "pays bas", c'est-à-dire du côté de Saint-Chinian ou de Cessenon, afin de s'approvisionner en vin. Ce voyage était long et pénible, et une pause bien méritée s'imposait avant d'entreprendre le retour vers les hauteurs.

Mais cette auberge était réputée pour bien plus que son rôle d'escale. Non pas pour la qualité de sa cuisine – qui était pour le moins rudimentaire – mais pour la présence de "gentilles" dames qui accueillaient ces voyageurs fatigués avec une hospitalité des plus chaleureuses. Loin d'être farouches, ces dames étaient connues pour apporter un certain réconfort à ces honnêtes travailleurs de la terre, ajoutant ainsi à la réputation de l'auberge un charme tout particulier.

La renommée de cet établissement était telle que des chansons furent composées à sa gloire, relatant avec humour et nostalgie les bons moments passés en ses murs. 

La cançon de Fau Montanha (La chanson de Fau Montagne)


Faumontagne est une ville

un endroit très reculé

une fille y fut enlevée

par quelqu’un de chauve

l’autre jour je les vis venir

quand ils sortaient les brebis

là-haut au Roc de Michel

ils changeaient de chemise 

en gardant le troupeau

et de toi jeune fille 

belle comme le jour

tout le monde savait que tu faisais l’amour.

le dimanche avant 

elle s’en allait au culte pour prier le bon Dieu

tout en faisant sa prière elle fermait les yeux

c’était bien ainsi ce qui se passait

quand ils changeaient la litière des brebis

ils portaient de la paille

tout juste pour se coucher

pendant ce temps la vieille préparait le goûter……

il prenait le permis

pour aller à la chasse

tuer le rouge-gorge

lui, il venait à Faumontagne

pour jouer au “lève-deux”

ils avaient fait périr 

l’avoine de la Gimberte

là-haut au Gimberton                                    (traduite du patois)

Si l'histoire ne retient pas toujours les détails les plus croustillants, la tradition orale, elle, se charge de perpétuer le souvenir de cette auberge mythique.

Et par une petite touche de pudeur – ou de malice – je ne révèlerai pas ici que cette fameuse auberge était tenue par nul autre que l'arrière-grand-père de l'auteur de ces lignes… Une discrétion qui, sans doute, ajoutera encore un peu de mystère à cette histoire aussi savoureuse que le vin que ces braves paysans allaient chercher si loin !

M.B.

2 commentaires:

  1. Avec Monique, on en apprend tous les jours ! Cette histoire est bien croustillante! Rosemarie.

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  2. Ayant des ancêtres à Faumontagne, je vous remercie pour cet article.

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