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dimanche 25 janvier 2026

L’ancêtre qui changeait d’âge plus vite que le temps

En généalogie, on apprend vite à se méfier des dates. Mais certains ancêtres semblent faire un pied de nez au calendrier… comme celui que j’ai rencontré au détour d’un registre.

Tout commence avec un arrière-arrière-grand-oncle parfaitement ordinaire. Acte de naissance trouvé sans difficulté, mariage repéré, enfants recensés. Un parcours presque trop simple pour être honnête. Jusqu’au jour où je consulte son acte de décès.

Là, surprise : l’homme est censé être mort à 92 ans.
Problème : d’après son acte de naissance, il n’en avait que 78.

Première réaction : j’ai mal lu. Deuxième réaction : le curé avait forcé sur le vin de messe. Troisième réaction (la bonne) : vérifier… encore et encore.

Je remonte les recensements. À chaque passage, mon ancêtre semble gagner de l’âge comme on accumule des points de fidélité :

  • 40 ans en 1872

  • 48 ans en 1876

  • 60 ans en 1881

Manifestement, le temps ne passait pas de la même façon pour lui que pour le reste de l’humanité.

Après plusieurs heures de recherches et quelques soupirs exaspérés, la vérité finit par apparaître. Il existait deux hommes portant exactement le même nom, nés à quelques années d’intervalle, dans deux communes voisines. Cousins éloignés, mêmes prénoms, même métier… et apparemment une passion commune pour embrouiller les généalogistes du XXIᵉ siècle.

Le clou du spectacle ?
J’avais fusionné leurs vies sans m’en rendre compte, créant un ancêtre hybride, capable de se marier deux fois la même année et d’avoir des enfants à un âge défiant toute biologie connue.

Depuis ce jour, je sais que si un ancêtre :

  • vit trop longtemps,

  • se marie partout,

  • ou travaille à 90 ans,

ce n’est pas un miracle… c’est une homonymie mal identifiée.

Moralité : en généalogie, quand quelque chose semble impossible, ce n’est pas l’Histoire qui délire… c’est nous.

Monique Biau