Hautpoul, le village perché qui a défié les croisés
Les Cathares dans la montagne de Mazamet
Accroché à son éperon rocheux, Hautpoul domine Mazamet comme un veilleur immobile.
Aujourd’hui, c’est un village paisible, mais au début du XIIIᵉ siècle, il fut l’un des points chauds de la résistance cathare dans le Tarn.
Un village déjà ancien… et déjà rebelle
Hautpoul existe depuis l’Antiquité. Mais c’est au Moyen Âge qu’il devient un castrum fortifié, dirigé par la famille d’Hautpoul.
À cette époque, la région du Languedoc est un foyer important du catharisme, une spiritualité chrétienne différente de celle de Rome, prônant la simplicité, la pureté et le refus de la violence.
Le seigneur Izarn d’Hautpoul se montre favorable aux Cathares. Le village accueille des croyants, des parfaits, et devient un refuge pour ceux qui fuient les persécutions.
1212 : Simon de Montfort attaque
La situation bascule avec la croisade contre les Albigeois.
Après Béziers, Carcassonne et Minerve, les croisés veulent éliminer les derniers bastions jugés « hérétiques ».
En 1212, Simon de Montfort marche sur Hautpoul. Le siège est bref — quatre jours — mais violent. La citadelle tombe, les fortifications sont détruites, et le village perd son rôle stratégique.
De la montagne à la vallée : naissance de Mazamet
Après la destruction du castrum, les habitants quittent progressivement le rocher pour s’installer plus bas, dans la vallée de l’Arnette.
Ils fondent un petit hameau appelé Mas d’Arnette, qui deviendra Mazamet.
Là, loin des conflits, ils développent des activités artisanales :
travail de la laine,
tanneries,
moulins,
puis plus tard, la célèbre industrie du délainage.
Conclusion : Mazamet doit donc une partie de son existence… à la chute d’Hautpoul.
Monique Biau

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